Tempête Xynthia : Renate et Bernd veulent tourner la page le plus vite possible !

Publié le par mavillesolidaire

Dans la nuit du 27 et 28 février 2010 la tempête Xynthia touchait la côte vendéenne. La mer a envahi les communes de la Faute-sur-mer et l’Aiguillon-sur-mer. Quatre mois après la catastrophe, nous avons rencontré Renate et Bernd qui ont vécu les heures les plus dramatiques de leur vie.

 

La nuit de la tempête

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Cela fait 11 ans que Renate et Bernd habitent à la Faute-sur-mer où ils venaient en vacances avant de s’y installer définitivement pour leur retraite.

 

« Depuis la catastrophe, nous sommes hébergés chez un couple de retraités à la Faute-sur-mer. Ces gens sont très gentils, ils nous hébergent, ils nous ont énormément aidés pour faire les papiers. Nous ne les remercierons jamais assez ! » tient à nous dire le couple à notre arrivée.

 

Les plaies de la tempête sont toujours ouvertes, « comme si c’était hier » nous dit Bernd qui nous raconte cette nuit de désolation.

 

« Il était trois heures du matin. Au début, j'entendais du bruit, je me disais que c'était peut-être les toilettes qui avaient une fuite je me suis levé, après un tour rapide dans la maison je n'ai rien remarqué de spécial je suis donc retourné me coucherpour me relever aussitôt après un grand bruit sourd : en quelques secondes, nous avions un mètre d'eau à l'intérieur, notre porte-fenêtre avait volé en éclat tout était inondé. »

 

Bernd et Renate n'oublieront jamais ces heures apocalyptiques en pleine nuit. « Nous avons été secourus par les pompiers en bateau, ensuite nous sommes montés chacun dans une autre voiture direction l'Aiguillon. Nous sommes emmenés dans un endroit (dont je ne me souviens plus) où nous avons été recensés. Ma femme était dans une file d'attente, et moi dans l'autre. C'était une situation d'urgence. Je dois dire que l'organisation était énorme, on nous a pris en charge aussitôt pour manger, prendre des vêtements surtout des chaussures, car nous n’avions plus rien. »

 

« Notre maison est située en zone noire. Dans notre lotissement, il y avait 51 maisons. À l'heure actuelle, il y a 21 personnes qui sont déjà parties. Vous savez que notre maison soit en « zone noire », « zone rouge », « zone de solidarité » ou « zone de prescription » cela ne change rien du tout. Peu de temps après la catastrophe, nous avons été très choqués par les décisions arbitraires des services de l'État concernant ces zones. Le découpage ne tenait pas compte de toutes les réalités. Notre voisin d'en face par exemple n’a pas eu d'eau et pourtant on lui a dit : zone noire ! »

 

Le couple ne restera pas dans leur maison. L'État l'a acheté. Ils ne veulent pas rester à la Faute.  « Nous devrions toucher l'argent de la vente de la maison fin juin, début juillet, on espère que les délais seront respectés. Avec cet argent, nous allons acheter une maison à Angles (à 10 kms de la Faute-sur-mer). Nous avons des voisins qui sont allés chez leurs enfants à la Roche. Une autre famille va aller, quant à elle, habiter à Aizenay.»

 

Nous n'avons plus rien : plus de meubles, plus d'électroménager. Les assurances ne remboursent quasiment rien. J'avais une voiture neuve dans mon garage elle valait 18 000 €. L'assurance m'a remboursé 12 000 €. Pour le reste, des meubles, nous n'avions pas facture imaginez garder la facture d'un matelas ? Nous avons pris des photos, bien sûr, de tous nos meubles, de tous les dégâts engendrés. Tout était ravagé, perdu, hors d'usage. Vous savez quand, du jour au lendemain, vous vous retrouvez avec plus rien du tout, cela fait quand même mal au cœur, mais nous avons la vie sauve c'est le plus important. »

 

Renate et Bernd avaient commencé à faire des devis pour les réparations et, deux jours après, on leur annonçait qu’ils étaient en zone noire.

 

« L’ancienne maison »

Nous nous rendons en voiture dans « l'ancienne maison » ou le couple retourne de temps en temps. Nous empruntons la même route que nous avions prise quatre jours après la tempête. Seules les lettres à la bombe de peinture fluo attestent du drame. Nous croisons quelques personnes à vélo ou en voiture. La « zone » ressemble un peu à une station balnéaire hors saison...

 

Bernd commente le trajet « ici zone noire, là, zone noire ». En passant dans la zone mortifère « ici, il y a eu beaucoup de morts, ils ont eu jusqu'à 2,50 m d'eau dans leur maison. Ceux qui avaient un étage ou qui ont eu la possibilité de monter sur leur toit ont eu la vie sauve. »

 

lArrivée dans leur ancienne maison, la gêne était palpable La maison ne présente aucun signe extérieur de la nuit noire. La seule photo que vous verrez (ci-contre) est celle, d'une des baies vitrées, qui garde encore les stigmates de cette nuit d'horreur. Le double vitrage a emprisonné une partie de l'eau (flèche du bas). On aperçoit la marque du niveau d'eau qui a envahi l'habitation (flèche du haut).

Le seul endroit où il restait un petit peu de matériel a été cambriolé, il s'agit de l'abri de jardin.

 

"Cela fait 11 ans que nous habitons ici. En 11 ans, la route a été réparée ici et là. Vous voyez ? Elle a été refaite il y a trois semaines c'est à ne rien y comprendre !"


Nous repartons en faisant le tour de la zone noire. Nous passons devant plusieurs maisons qui arborent les banderoles utilisées à l'occasion des différentes manifestations.

(cliquer sur les images)IMGP6881IMGP6884IMGP6885IMGP6886
 

Renate et Bernd veulent tourner la page au plus vite. Ils espèrent regagner leur nouvelle maison à Angles en septembre prochain. Quant à Corinna, la nièce d'Afrique du Sud, elle viendra peut-être l'été 2011 en Vendée voir son oncle et sa tante qu'elle n'a pas vue depuis trois ans.

 

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