La Roche-sur-Yon : Monsieur l'ambassadeur de l'Unicef, Jordan Schwab, a 17 ans.

Publié le par Le blog de ma ville solidaire - La Roche-sur-Yon

Il a la tête en Afrique et les pieds sur terre. Jordan Schwab 17 ans est "jeune ambassadeur de l'Unicef" depuis novembre 2010. Les différentes rencontres de sa jeune vie lui ont permis de mettre au jour les valeurs qui sont en lui.

 Jordan Schwab 1

 

Rencontre

 

Le conseil municipal jeune (CMJ) : le premier déclic

Jordan et GeorgesEn CM2, j'étais scolarisé à l'école du Pont Boileau. J'ai été élu jeune conseiller municipal. Du coup, cela m'a permis d'intégrer la citoyenneté, pouvoir proposer des projets, prendre des initiatives. J'ai été mandaté deux ans. Au cours de la deuxième année, j'ai eu l'occasion de rencontrer Georges Bilau [photo ci-contre] qui cherchait des CMJ pour construire un spectacle autour des droits de l'enfant. Ce projet m'intéressait, car j'avais déjà fait du théâtre à l'école. Depuis, je suis resté en contact avec Georges jusqu'à aujourd'hui et pendant toutes ces années, cela fait huit ans maintenant, on a fait beaucoup beaucoup de spectacles, j'adore son théâtre engagé, militant. Cela m'a fait évoluer dans le milieu associatif et cela m'a apporté, du moins confirmer, des valeurs citoyennes, humanitaires et solidaire.

 

La Guinée ? Le déclic !

Le projet « Kania Zik 85 » a démarré en 2007. Il a été réalisé en 2009 par un voyage en Guinée dans le cadre  de la solidarité internationale organisée avec la maison de quartier de la Vallée Verte.

 

Jordan SchwabLe premier jour, à peine arrivé à Conakry, c'était le 7 février 2009, on a pris une espèce de véhicule de type Kangoo sur lequel on a mis toutes nos affaires dessus, cela faisait un gros tas, en plus on avait des grosses caisses vu que c'était du matériel musical. Du coup, on était tassé dans la voiture. Les rues étaient blindées de monde, il n'y avait pas de panneau de signalisation, c'est la brousse.

 

Nous, on était à 130 km et c'était très tranquille. Nous avons vu la misère, on voyait que les gens ne vivaient pas dans de bonnes conditions.

 

En Guinée, j'étais confronté à une nouvelle réalité, nouvelle façon de vivre. J'avais « que » 15 ans, j'étais jeune et très naïf. De retour en France, je n'étais plus le même, j'étais bouleversé. J'avais une motivation extrême une envie de m'engager,une espèce d'énergie que j'avais envie de dépenser pour des choses qui me tenaient à cœur.

 

L'envie d'Afrique

Deux semaines après mon retour de Guinée, j'avais toujours la tête en Afrique j'y pensais tous les jours cela me manquait beaucoup, j'ai pris une claque, j'avais qu'une envie, c'était d'y retourner. Je me suis dit que je travaillerai dans l'humanitaire, car j'aimais les gens, j'aime le contact. Je me suis créé un réseau grâce à un Skyblog qui parle de ce que j'ai vécu là-bas. Grâce à cela, j'ai pu faire plein de connaissances en Afrique, partout en Afrique !

Jordan Schwab Guinée mars 2011 

Mais comment retourner en Afrique ?

Jordan Schwab Guinée mars 2011Grâce à Facebook et des amis en commun Guinéen, je suis entré en contact avec une formatrice BAFA du Mans qui avait comme projet d'emmener des animateurs en Guinée. Elle m'a proposé d'y participer. Je suis allé quatre fois au Mans pour participer à l'autofinancement.

 

J'ai fait une demande de bourse Ulysse à la ville de la Roche-sur-Yon. Je suis passé devant un jury de cinq personnes composées d'élus municipaux et, par chance, j'ai obtenu la subvention maximale de 500 €. J'étais fier de leur apporter. C'est à ce moment-là que je me suis dit que j'étais vraiment impliqué dans le projet.

 

En décembre 2010, nous avons eu les moyens nécessaires pour y aller. J'étais super content, mais je ne m'en rendais pas compte. J'avais hâte d'y être. Je regardais le compte à rebours tous les jours.

 

L'Unicef

Jordan Schwab

J'ai rejoint l'Unicef grâce à mes deux voyages en Afrique où j'ai pu m'apercevoir que les droits des enfants n'étaient pas respectés dans les écoles notamment. J'ai vu des choses qui m'ont beaucoup choqué comme par exemple des professeurs qui tapaient des élèves. En rentrant en France, je suis tombé sur la fiche de l'Unicef qui disait qu'elle recherchait des jeunes ambassadeurs. Cela m'a donné l'espèce d'énergie que j'ai envie de dépenser dans le milieu associatif. Je n'ai pas hésité, j'ai foncé, et j'ai écrit une lettre de motivation.

 

Après la rencontre avec le représentant de l'association, ma proviseure adjointe, la présidente du comité Unicef de la Roche-sur-Yon, ma marraine (les jeunes ambassadeurs ont tous une marraine Unicef)  et moi nous sommes tous réuni dans mon lycée [Pierre Mendès-France] le 17 novembre 2010.

 

Je suis allé ensuite à Paris pour participer à une journée de sensibilisation à l'Unicef. Cela m'a permis de rencontrer beaucoup de personnes, dont des experts Unicef qui m'ont parlé de ce qu'ils faisaient concrètement sur le terrain. Une dame qui revenait la veille d'Haïti était bouleversée. On voyait bien dans sa façon de parler que ce qu'elle avait vécu là-bas était très fort. Tous les jeunes ambassadeurs de France étaient réunis à Paris . Nous étions environ 200.

 

Son entourage

Au début, mes parents ne comprenaient pas. Je n'ai jamais eu envie d'aller en Afrique. Lorsque je suis revenu, tout avait changé : je m'habillais d'une façon différente, je parlais d'une façon différente, mes parents se demandaient « mais qu'est-ce qu'ils t'ont fait là-bas ? » je leur ai dit que j'avais fait des choses formidables, des rencontres formidables, j'ai plein de souvenirs et je n'ai qu'une envie c'est d'y retourner. Je me sens redevable. Mes parents ont eu du mal à comprendre cette nouvelle passion soudaine, cette nouvelle ardeur. Je me sentais un peu seul, car un projet comme ça il est difficile d'en parler à ceux qui ne l'ont pas vécu... c'est difficile.

 

Au bout d'un moment, mes parents se sont aperçus que je ne changeais pas et que j'avais toujours la même flamme en moi pour retourner là-bas.ils ont compris et ont vu que c'était des belles choses que j'ai envie de faire. Ils m'ont offert des habits traditionnels. Pour moi c'était une reconnaissance et un soutien à mon projet.

 

Son avenir

Je vais suivre une filière de lettres modernes et il y a une option spéciale qui s'appelle " français langue étrangère". Cette option permet de connaitre la didactique pour apprendre le français à des étrangers.

Je vais suivre un cursus normal : Licence et Master. Ensuite, il y a des lycées français en Afrique qui recherchent des professeurs francophones et je sais qu'il y a des demandes un peu partout comme au Cameroun, en Guinée, au Sénégal... selon les places vacantes. Je veux voyager dans les pays africains et enseigner.

 

 

Entre le bac, et ses engagements, il lui reste peu de temps pour autre chose. Après cela ne m'empêche pas de sortir. Il va en boîte., il arrive à avoir des « activités jeunes » mais, l'un des clichés qu'il n'aime pas, c'est que l'on dise que les bénévoles sont des vieux. La preuve que non.

 

 

Crédit photo : Jordan et ma ville solidaire

 

 

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Téléphone : 02.51.44.91.86
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