La Roche-sur-Yon : entretien exclusif avec Clément Plault, président des vitrines du centre-ville.

Publié le par Le blog de ma ville solidaire - La Roche-sur-Yon

À moins d'un mois de l'assemblée générale des vitrines des commerçants du centre-ville, nous avons rencontré Clément Plault son jeune président dynamique afin de faire le point sur les dossiers en cours et son avenir au sein de l'association.

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Entretien.

 

Le comité de suivi de la place future place Napoléon.

Nous nous sommes réunis le 17 décembre pour la mise en place du comité de suivi ce qui a permis de faire connaissance avec tous ses représentants. Ce fut l'occasion pour nous de présenter 25 propositions que nous avions adressé la veille au maire.

 

Depuis, pas de compte rendu aucune autre réunion. J'attendais des ateliers, des débats, des discussions, des échanges, en vain.

 

Nous savions, à l'époque, qu'au mois de juin les décisions étaient bouclées. La seule chose faite depuis la mise en place du comité de suivi le déplacement à Nantes. Je n'ai malheureusement pas pu y participer, car, mon activité ne me permet pas de me libérer.. J'aurais souhaité avoir un compte rendu de cette visite avec le nouveau visuel qui a été présenté. Là encore, tout en étant membre du comité de suivi, je n'ai pas eu de compte rendu.

 

Aujourd'hui, je m'interroge sur le rôle de ce comité de suivi.

 

Les commerçants veulent être acteurs de ce projet. Nous n'y sommes pas opposés, bien au contraire, on veut partager les ambitions du maire, car nous pensons que c'est en travaillant ensemble que nous aurons un espace marchand favorable aux commerces. Nous sommes prêts à partager et à travailler ensemble mais, pour cela, il faut peut-être se réunir et pouvoir en discuter.

 

 

Pentagone 2020.

Nous ne cherchons pas revenir en arrière. On sait que tout cela va être mis en place, ce n'est pas obligatoirement ce que nous aurions défendu comme projet, mais c'est quelque chose qui a été voté quasi unanimement au conseil municipal, opposition comprise.

 

Cela devrait permettre de voir la foire mensuelle dans certaines rues qu'il ne l'accueillait pas auparavant et ainsi peut-être permettre un développement dans certains quartiers.

 

Ce qui me séduit dans ce projet pentagone 2020, c'est que cela apporte de la convivialité. Cette nature qui peut surprendre place Napoléon devrait y contribuer même si l'on est à la campagne lorsqu'on fait cent mètres la Roche-sur-Yon.

 

Ma crainte est l'appauvrissement du projet et que l'on arrive à un consensus mou. Je fais confiance à M. Chemetoff compte tenu de son expérience, j'attends encore des choses, car, pour moi, son projet n'est pas terminé.

 

Monsieur le maire à certainement un bras de fer avec l'architecte et je le félicite pour le travail qu'il a pu faire. Mais, a-t-il pu transmettre nos idées ? Le fait de retirer des bassins va-t-il faire perdre en dynamisme ?

 

Le rôle de l'association des commerçants que je préside, est de défendre les intérêts du commerce. Nous avons réagi très vite en créant une nouvelle commission qui est ouverte aux adhérents et aux non adhérents pour être force de propositions, ce que nous avons fait. Certaines ont été apparemment retenues.

 

Pendant les travaux, la période est très compliquée pour nous, car nous nous posons des questions, c'est très décourageant.

 

Plein de choses ont déjà été actées en conseil municipal, on ne va pas y revenir, on sait que la place Napoléon sera aménagée avec les bassins et que la rue Georges Clémenceau sera piétonne, Ce n'est pas le projet des commerçants. Malgré tout, on essaie d'avancer avec le projet tel qu'il existe en l'accompagnant et ne pas être dans une opposition systématique.

 

La rue Georges Clémenceau

La piétonnisation de la rue Georges Clémenceau inquiète les commerçants. Il nous appartient aussi être en phase avec l'évolution du comportement du consommateur parce qu’aujourd'hui, on ne consomme plus comme il y a 20 ans. D'autres acteurs sont arrivés, Internet par exemple.

 

Les Halles

C'est un quartier qui a vraiment besoin d'être redynamisé. Cela fait 20 ans qu'il est abandonné. Profitons de l'aménagement de la place Napoléon, pour créer du lien avec les différents quartiers. J'aimerais voir se réaliser des animations comme ce week-end avec les trottoirs de l'art. Cela est énormément apprécié. A nous de renouveler ce genre d'animation pour faire vivre ce quartier historique qui a une âme, ce n'est pas la même offre commerciale que dans la rue Clémenceau.

 

Quels sont vos rapports avec la municipalité ?

Les commerçants ne sont pas opposés à la municipalité, ils cherchent à travailler avec parce que l'on veut avancer ensemble.

 

La ville indique qu'il n'y aura pas d'autre zone commerciale que les Flâneries, Sud Avenue et le centre-ville.

C'est complémentaire. La Roche-sur-Yon est le chef-lieu de Vendée. Elle se doit d'avoir un périphérique dynamique, c'est vraiment important pour capter une clientèle départementale. On le sait, dans le centre-ville, des sablais, par exemple, viennent commercer parce qu'il y a des locomotives en périphérie. Ce qu'il faut maintenant que c'est leur donner envie de venir consommer en centre-ville.

 

Lorsqu'on arrive de Nantes, en passant par les Flâneries, et que l'on voit tout ce qui a pu se monter, on a une sensation de ville dynamique, je trouve cela très bien. Maintenant, ce qu'il faut, c'est que cela soit cohérent avec le centre-ville. Il faut que l'on retrouve le même dynamisme avec des enseignes locomotives. Il n'est pas normal que des enseignes qui souhaitaient s'installer en centre-ville soient allées s'installer en périphérie.

 

Il manque les capacités d'accueil qui seraient aujourd'hui des locomotives pour tout le tissu du commerce de proximité, car, tout le monde en profiterait.

 

L'animation du centre-ville peut-elle se développer ?

Pour qu'un centre-ville vive, il ne faut pas qu'il y ait juste des parkings et qu'il soit beau. Ce n'est pas parce que nous aurons de beaux bassins et une belle place Napoléon que cela va vivre après. L'attractivité passe par l'offre commerciale et les animations. Si c'est dynamique, les gens viendront, mais il faut qu'il y ait cette attractivité.

 

L'association a décidé de faire une dizaine commerciale, début octobre 2011 avec de nombreux lots à gagner dont 2000 € en chèques cadeaux « Offrez la Roche », téléviseur, voyage et peut-être une voiture. Cela fait partie des actions que l'association va mettre en place pour faire des actions commerciales tout au long de l'année et ne pas mettre les trois quarts de son budget qu'à Noël pour quatre jours d'animation.

 

Quelle est la situation du commerce en centre-ville ?

Prochainement, le 14 juin, la chambre de commerce et d'industrie, publiera les chiffres de la situation commerciale à la Roche-sur-Yon avec notamment l'arrivée de Sud Avenue, quel impact cela a-t-il engendré ? Quel dynamisme procure les Flâneries. Les chiffres que nous avons dates de trois ans.

 

En centre-ville, certains commerces ferment, c'est une évidence, quand d'autres ouvrent. Il y a plus de 500 commerçants dans le centre-ville. C'est l'offre commerciale la plus importante de la Roche-sur-Yon. Il y a vraiment un réel plaisir à venir flâner dans le cœur de la ville. Aucune galerie n'arrivera à concurrencer cela. On a des surfaces de vente moyennes, certes, mais une surface de vente plus importante.

 

Les achats réfléchis sont faits via Internet pour un client sur quatre aujourd'hui, c'est énorme. Il faut qu'il y ait du plaisir en centre-ville. 70 % des achats qui sont réalisés aujourd'hui sont effectués par des personnes qui préparent leurs achats en consultant Internet.

 

Il y a effectivement une offre haute gamme dans certains quartiers mais l'offre est vraiment très très large. Ce qu'il y ira toujours, c'est du conseil et du service ce que l'on ne retrouvera pas forcément dans la libre distribution.

 

L'association et la politique.

L'association des vitrines des commerçants est apolitique. Il m'est arrivé parfois d'envoyer des courriels pour expliquer que l'on n'était pas là pour ça.

 

Son avenir au sein de l'association

Je suis élu depuis deux ans à la présidence de l'association. Je m'interroge si je dois me représenter ou pas.

 

À mon arrivée à l'association, j'ai travaillé sur la continuité de ce qui avait déjà été fait. Aujourd’hui, je n'ai plus envie de cette continuité. Aller au-devant des commerçants pour connaître leurs attentes et mettre en place des actions qui sont en cohérence avec leurs besoins.

 

Je me suis battu sur le chèque de cadeau, c'était mon bébé. Cela a permis de passer de 90 à 130 adhérents, soit une augmentation de 30 %. On a réussi à apporter 38 000 € de chiffre d'affaires additionnelles, grâce à ce chèque.

 

On a essayé de travailler sur toute la dynamique du centre-ville avec tous les projets qui se sont faits. On a créé nouvelle commission. Je suis assez satisfait par rapport à tout ça. Il est aussi important qu'il y ait de nouvelles personnes qui arrivent pour apporter des idées neuves et du sang neuf.

 

Si j'avais quelque chose à construire, cela ne sera pas forcément organisé de la même façon. Je compte encore m'investir, mais pas avec la structure actuelle, cela me semble difficile, car cela manque d'indépendance, cela manque de dynamisme et peut-être trop coopté.

 

Ce qui m'a fait plaisir ce que l'on a réussi à réunir les commerçants et fédérer un peu tout cela en travaillant ensemble. C'est là-dessus où j'essaie de me battre C'est comme ça que le centre-ville va pouvoir évoluer à mon avis.

 

Je ne sais pas actuellement si je me représente à la présidence de l'association j'y réfléchis. En tout état de cause, si je me représente c'est pour faire évoluer l'association qui doit s'adapter...

 

Mettre nos billets sur une grosse animation (marché de Noël) je ne trouve pas cela très équilibrées car nous mettons les trois quarts de notre budget sur une semaine. Nous étions sur six jours l'année dernière on va basculer sur quatre jours. Ce que je souhaite, c'est d'animer tout au long de l'année l'espace marchand.

 

Parfois, j'ai l'impression que l'association est un peu le comité des fêtes de la ville.

 

Au lieu de mettre 100 000 € à Noël, je préférais qu'il y ait 10 actions à 10 000 € et que tous les mois on fasse un week-end animé.

 

Un travail avec les associations pourrait très constructif pour tout le monde. Pourquoi ne pas faire des concerts dans les rues ?

 

Si j’avais une personne à remercier, c'est Isabelle Gorrichon, assistante au commerce salariée d'Oryon, pour le travail qu'elle a pu faire.

 

 

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