Handicap : entretien exclusif avec Jean-Marie Barbier, Président de l’Association des Paralysés de France.

Publié le par Le blog de ma ville solidaire - La Roche-sur-Yon

Le président national de l’Association des Paralysés de France sera présent samedi 20 octobre 2012 à la Roche-sur-Yon à l’occasion de l’assemblée départementale de la délégation de l’APF Vendée. La venue du représentant de l’association est une première dans le département. Quelques jours avant son arrivée, Jean-Marie Barbier a bien voulu répondre à nos questions.

 

mavillesolidaire : Votre venue en Vendée est un événement ! Connaissez-vous notre département ?

Jean-Marie Barbier : Je connais un peu la Vendée car j'y suis déjà venu pour l’association, mais à vrai dire pas plus que cela. Je suis très content d’y retourner le week-end prochain. La Vendée est un département qui travaille très bien. J’attends cela avec beaucoup d’impatience d’autant plus qu’il devrait y avoir beaucoup d’élus du département.

 

Qu’attendez-vous de votre visite ?

Ce que j’en attends c’est ce que je fais à peu près deux fois par mois c’est-à-dire me déplacer sur le terrain. Je veux que les adhérents puissent s’adresser à leur conseil d’administration, en l’occurrence à leur président car c’est aussi pour eux qu’on est là.

 

L’accessibilité

C’est un grand sujet de préoccupation pour tous y compris pour la Vendée qui a eu la grande intelligence, l’année dernière, de réaliser un bêtisier de l’accessibilité sur le département montrant des choses étonnantes, mais hélas bien réelles.

 

L’engagement de 2015 sera-t-il tenable ?

Il faut remettre les choses à leur place : si on dit aujourd’hui que 2015 ne sera pas tenable, et je l’entends également aussi bien sûr, c’est surtout parce que l’on commence à se poser la question en 2012 ! Si on se l’était posée, comme il l'aurait fallu, en 2005 et même mieux encore en 1975 (car c’est à cette date-là que remonte la première obligation d’accessibilité), il y a maintenant bien longtemps que l’on n'aurait plus à se la poser.


Quel qu'ai été le Président de la République élu en 2012, il était de toute façon le Président de l’échéance de 2015. Je suis convaincu que Nicolas Sarkozy aurait eu la démarche de dire qu’on aurait beaucoup de mal à y arriver et même qu'on y arriverait pas du tout.


La crise a un peu bon dos. Si les sommes qu'il faut aujourd'hui mettre dans l'accessibilité sont importantes, c’est simplement que depuis 40 ans on a laissé pourrir la situation. C’est la seule raison qui pourra faire que cela échoue. Cela dit, on essaye de se retrancher sur des solutions autres.

 

Y a-t-il d’autres alternatives ?

Les alternatives que l’on nous propose aujourd’hui sont toutes aussi inacceptables les unes que les autres.


La première consiste à dire que nous devrions fixer des priorités : il faudrait que nous choisissions entre les cinémas et les théâtres, entre les tribunaux et les caisses d’allocations familiales… L’association des Paralysés de France se refuse à faire un tel  distinguo et considère qu'aucun lieu ne doit être sacrifié. En définitive, cela reviendrait à nous poser la question de quelle partie de notre citoyenneté nous accepterions de nous défaire, et même si on nous disait que ça n'est que temporaire, on ne peut pas accepter ça.

 

La deuxième échappatoire, si l’on peut dire, serait que dans chaque bâtiment existant seule une partie soit rendue accessible. Ça, c’est bien sûr inacceptable dans la mesure où ce qui n'est pas rendu accessible aujourd’hui ne le sera pas demain, car il n'y aurait aucune raison que l'on change d'opinion ensuite.

Et cette hypothèse suppose que, si quelqu’un va dans un service public quelconque alors que seule une petite partie en est accessible, par exemple dans un hall, un petit bureau qu’on aura mis dans un coin parce qu’il aura bien fallu faire quelque chose, ça veut dire qu’on en sera à attendre que le préposé soit disponible pour se rendre à cet endroit-là, cela veut dire que si l'on a des demandes à effectuer, il faudra le faire devant tout le monde (ou presque).


Autre exemple, si demain je dois aller au restaurant avec mon épouse, je vais devoir accepter d’être placé devant la porte d’entrée du restaurant à prendre les courants d’air parce que ce sera le seul endroit accessible. C’est inacceptable ! Quelle personne valide l’accepterait ?

 

La loi de 2005 avait tout prévu en donnant un délai de 10 ans pour réaliser les choses. On sait très bien que les choses n’ont pas été faites en temps et en heure, et à deux ans de l’échéance, on se rend compte que cela ne va pas marcher. C’est vraiment prendre les personnes en situation de handicap pour les derniers des citoyens !

 

Compte tenu de ce constat affligeant, quelles actions allez-vous mener ?

Affligeant… c’est bien le mot !

On a un certain nombre d’idées que je ne vais pas vous mentionner maintenant. L’effet de surprise aura pour but de bousculer les esprits.  

 

Ma plus grande crainte aujourd’hui est que, d’ici la fin de cette année, on nous propose très concrètement des modifications du texte de loi. Pensez-vous que si l’on rallonge l’échéance à 2020 ou 2030, les responsables vont aller plus vite ? Bien sûr que non ! ils vont simplement pousser un grand ouf de soulagement en se disant qu’ils ont échappé à ce qu’ils pensent être une catastrophe et en fait en créer une pour les personnes en situation de handicap et leurs familles.

 

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Contact :

Délégation APF Vendée.

40, rue de Wagram.

Résidence Les Terrasses. Bât D. - Appt. 80.

85000 LA ROCHE SUR YON.

Tél. : 02 51 37 03 47

le blog de la délégation

le programme de la journée du 20 octobre 2012.