Grève illimitée à Impulsyon : les raisons de la colère

Publié le par Le blog de ma ville solidaire - La Roche-sur-Yon

CTY en GREVEDepuis le 1er janvier 2010, la CTY (Compagnie de Transports Yonnais), filiale à 100% de la RATP dev, exploite le réseau de transport urbain de la Roche-sur-Yon dans le cadre d’un contrat de 7 ans. Le réseau est opérationnel depuis le 23 août 2010…

Mardi sera le quatrième jour de grève du jamais vu à la Roche ! Quelles sont les revendications des grévistes ? Le conflit va-t-il durer ? Les usagers s’interrogent sur le réseau social Facebook, mais également aux arrêts de bus.

 

 


Nous avons rencontré (de gauche à droite sur la photo ci-dessous) Jean-Michel agent de maîtrise, Armelle, agent l'accueil (et secrétaire du comité d'entreprise), Patrice délégué syndical,  Dominique conducteur, et Didier ex-chauffeur.

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Décryptage.

 

La grève, pourquoi ?

Au tout départ, c'était pour les conditions de travail qui se sont dégradées et les salaires. A titre personnel, sur ma déclaration d'impôt, j'ai déclaré 1700 € de moins que l'année passée en travaillant plus. Nous demandons une augmentation de 5% indique le représentant syndical.

 

En moyenne, on travaille maintenant 40 h par semaine. Avant, on faisait une journée de 12 h d'amplitude une fois tous les 15 jours, maintenant on en fait deux par semaine. Certaines personnes travaillent de 6 h du matin à 20h30 avec deux ou trois fractionnements dans la journée.

 

Pour des journées effectives de six heures de travail, on a douze heures de présence. Il y a d’autres journées ou cela va être des services continus de huit ou neuf heures, avec une petite demi-heure pour manger, voire pas du tout pour les services de soirées qui vont jusqu'à 22 h. On a un quart d’heure pour manger le soir.

 

On va vous arrêter de travailler à 15 h, pour reprendre à 16 h, et « balader les sièges » jusqu'à 22 h parce qu'il n'y a plus personne à mettre dans les bus.

 

L'année dernière, j'ai fait 35 nuits, j’ai transporté 40 personnes.

 

Les salariés ont plus de 3000 h à récupérer ou à se faire payer depuis le mois de septembre (les compteurs sont mis à zéro au 30 juin).

 

Depuis la RATP dev, est-ce « vraiment le foutoir » comme le pensent certains usagers ?

Il y a un appel d'offre qui a été fait, il y a des délégataires qui ont répondu. Le délégataire actuel [ratp dev] a fait une proposition extrêmement basse qui a séduit la collectivité à juste titre. Nous savions nous à l'époque que le projet ne tiendrait pas la route. On a alerté. Aujourd'hui, on demande aux salariés de payer les erreurs d'appréciation de l'offre.

 

La collectivité a été flouée, les salariés ont été floués, les usagers ont également été floués.


Le nouveau délégataire nous expliquait qu'en prenant le réseau ici, il nous apportait la connaissance, le savoir-faire, la lumière, la vérité. On a prouvé, par le passé, que nous avions un réseau qui fonctionnait pour la satisfaction de tous. On demande aujourd'hui aux salariés de servir de variables d'ajustement. La responsabilité n'incombe pas aux salariés.

 

Quel est l'interlocuteur des salariés en colère ?

Le directeur de la CTY et la présidente de la RATP que nous avons invitée à venir à la Roche-sur-Yon, invitation qu’elle a déclinée, car elle ne veut pas dialoguer. Pourtant, on était prêt à faire des avancées.

 

Et l’agglo ?

L’agglo n’est pas notre interlocuteur, c’est notre directeur ce qui est normal, c’est le délégataire. On a simplement informé la collectivité en lui faisant part des difficultés dans lesquelles nous nous trouvons en lui demandant de faire pression auprès du délégataire afin qu’il assume ses responsabilités.

 

Comment sont reconduites les grèves ?

Cela se décide, comme toute grève, en assemblée générale par un vote à main levée. Cela fait quatre jours, et nous n’avons aucune avancée de la direction.

 

La grève va durer combien de temps ?

On aimerait bien sortir du confit. Mais, sans avancer de la direction, nous continuerons. Le directeur souhaite que nous reprenions le travail et ensuite, que nous négociions, cela n’a pas de sens.

 

Les jours de grève sont-ils payés ?

Non, c'est du salaire de perdu. Tous les jours de grève sont défalqués de nos salaires.

 

Les bus qui circulent actuellement, correspondent-ils à un service minimum ?

Non il s'agit de salariés qui sont justes embauchés en CDD, et des stagiaires. Les voyageurs ne sont pas en sécurité, car, il y a des gens qui ne connaissent pas le réseau. La plupart ne connaissent qu'une seule ligne, qu'un parcours. Par exemple aujourd'hui, il y a une conductrice qui ne connaissait pas où elle allait. À Venansault, elle ne connaissait pas les arrêts…

 

Que dit la loi ?

Dans les transports publics, on doit se déclarer grévistes dans les 48 h avant le début du mouvement. On doit donner nos intentions. Si tout le monde fait grève, aucun bus ne circulera. Il n'y a pas d'obligation de service minimum. La seule obligation, c'est de se déclarer.