Des chrétiens vendéens favorables au mariage pour tous se confient.

Publié le par Le blog de ma ville solidaire - La Roche-sur-Yon

L’actualité de la semaine est sociétale, nationale, elle interpelle certaines consciences, mais le devrait-elle ? Nous avons rencontré trois catholiques vendéens favorables au mariage pour tous, à l’adoption et à la PMA.

 

Olivier, Nathalie et Valérie* ont tous les trois la quarantaine. Ils ont chacun de 2 à 5 ans enfants. Catholiques pratiquants et investis dans leur paroisse ils veulent faire entendre leur voix qui ne reflète pas du tout ce que les médias en disent.

 

Ils n’habitent pas à la Roche-sur-Yon ni dans l’agglomération yonnaise et tiennent à garder l’anonymat. Le débat est tenu dans les campagnes. Ils travaillent tous les trois dans le secteur hospitalier, le milieu bancaire et en collectivité.

 

Le mariage et l’adoption :

Le fait que l'on utilise le même mot pour le mariage civil et le mariage religieux est une source de confusion : le mariage civil est l'union de deux personnes qui s'engagent pour un chemin de vie pour pouvoir bénéficier d'une protection mutuelle devant la loi des hommes. Le mariage religieux n'a pas le même sens.

 

Je suis favorable au mariage parce que l'amour, que ce soit dans un couple homosexuel ou hétérosexuel, c'est la même chose. Aujourd'hui, je ne comprends pas l'acharnement de mon église. Ce sont les grands patrons (les évêques) qui s’expriment, mais ce ne sont pas les idées de tout le monde loin s'en faut. Nous sommes beaucoup de catholiques et peut-être une majorité à être favorables au mariage civil, mais on ne nous entend pas. Pourtant, le mariage civil apporterait une protection, à la famille.

 

La PMA

Elle a été conçue pour les couples hétérosexuels qui n'arrivaient pas à avoir d'enfants. En 50 ans il y a eu une baisse de 50 % des spermatozoïdes, c'est énorme. De plus en plus de couples hétérosexuels vont recourir à la PMA. D'ailleurs, regardez ces couples qui vont défiler dans la rue contre le mariage et contre la PMA alors qu'ils en bénéficient !

 

Le débat à l’école

Qu'il y ait des débats sur ce sujet dans les écoles est une mauvaise idée, car les enfants sont jeunes, malléables et on risque de les façonner. Cela n'a pas sa place dans le système scolaire. Le débat existe dans nos familles, nous en discutons avec nos enfants.

 

 

L’Église

La position de l'église s'expliquait par une hiérarchie, les évêques, cela ne veut pas dire que c'est une vérité ancrée dans le marbre. Je suis persuadé, sur ces sujets, que ce que nous annoncent le pape et les  évêques est susceptible d'évoluer dans le temps.

 

Je suis choquée par leur position, car c'est une position de rejet qui entraîne de l'intolérance. C'est pour cela que ça me choque. Mais pour autant, cela ne remet en question ni ma foi ni mon appartenance à l'Église au sens large. Quant à mon engagement au sein de ma paroisse, je m’interroge…

 

La position officielle de l'Église aujourd'hui est différente de sa position il y a 5 ans ou 10 ans. Ils se sont beaucoup plus radicalisés vis-à-vis des gens qui n'ont pas leur position.

Le problème de l'Église de France c'est qu'elle ne laisse pas de place pour l'expression des prêtres qui ne sont pas d'accord avec la position officielle et qui sont beaucoup plus ouverts et acceptants sur ce sujet. Ce n'est pas l'orientation sexuelle qui définit l'individu.

 

Un individu est ce qu'il est, ce qu'il fait, ce qu'il diffuse, sa valeur propre.

 

Il faut que l'Église nous écoute et qu'elle accepte que nous puissions avoir une idée différente.

 

La manifestation du 13 janvier 2013.

Le fait que des personnes manifestent dans la rue pour exprimer leur opinion, je ne trouve pas ça choquant à la condition qu'elles restent respectueuses et tolérantes y compris vis-à-vis de ceux qui n'ont pas le même avis qu'elle à condition que cela n'entraîne pas de paroles homophobes, le rejet ou la stigmatisation d'une partie de la population. C'est ça, qui n'est et ne serait pas normal !

 

Je trouve tous ces débats et la manifestation de Paris très brutaux, vis-à-vis des couples homosexuels, des enfants, je trouve cela très agressif. C'est comme si on ne les aimait pas. Mais de là à aller dans la rue... C'est la première fois qu'on nous demande de manifester. Mais pourquoi ne pas aller manifester contre les choses qui sont bien plus importantes ?

 

Je reçois plein de mails contre le mariage qui m'incitent à prendre le car pour Paris.

 

Quel sentiment sur le débat national ?

J'ai de plus en plus de mal à me positionner par rapport à l'Église ma foi n'est pas tout en cause. Je suis perturbée parce que là, par exemple, ce week-end, je ne suis pas allé à la messe. Je ne veux pas aller à la messe pour me voir proposer des tracts à la sortie. Encore une fois, je regrette que l'épiscopat français n'écoute pas les catholiques pour le mariage.

 

Je n'ose plus aller à la messe, car j'entends des choses qui me heurtent. Je suis allé à la messe de Noël quand même, mais j'ai beaucoup hésité. Cela me fait revoir mon engagement dans l'Église indépendamment de ma foi qui restera. Mais mon engagement dans l'Église prendra une forme différente.

 

En général on manifeste pour l’obtention d’un droit, pas contre !

 

Propos recueilli lundi 7 janvier 2013.

 

* noms d'emprunt

 

En savoir plus :

-        Le projet de loi

 

 Eglise St Louis la Roche sur Yon 85 mariage pour tous

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