La Roche-sur-Yon. La nouvelle vie de Pierre Regnault.

Publié le par Le blog de ma ville solidaire - La Roche-sur-Yon

Quand les Yonnais l’abordent, certains l’appellent encore « Monsieur le Maire ». On a même été témoin d’une scène surprenante dont il dit que cela arrive souvent « Bonjour, monsieur, je ne suis pas de votre bord politique mais je tiens à vous féliciter pour ça [la place Napoléon] ».


Pierre Regnault, 67 ans,  a été le maire de la Roche-sur-Yon de 2004 à 2014. Il est sollicité par les Yonnais qu’il rencontre, ainsi que par des chefs d’entreprise :  sa connaissance de la ville, du territoire, intéresse. Lui qui se dit n’ « être plus rien » reste un acteur incontournable de la vie politique locale.

L’ancien maire socialiste de la Roche-sur-Yon est, depuis sa défaite le 30 mars 2014, toujours conseillé municipal d’opposition.  Mardi dernier, lors du dernier conseil municipal, Joël Soulard qui est président du groupe socialiste, a du rappeler à Luc Bouard  que « c’était lui le président du groupe socialiste ».

Entretien avec Pierre Regnault.

16 mois après votre défaite, quelle part y prenez-vous ?
Dès mon élection à la tête de la ville en 2004 pour succéder à Jacques Auxiette qui venait d’être élu Président de la Région des Pays de la Loire, le « Regnault  Bashing» a commencé de la part de la droite vendéenne. Ce qui ne m’a pas empêché de gagner les municipales de 2008 au premier tour.
A ce niveau, il faut être un patron.
En 2014, les deux listes populistes [FN et Mestre] se sont reportées à 100 % sur la droite.
Oui j’assume la défaite. Les gens avaient besoin de s’exprimer. Le phénomène ne s’est pas produit qu’à la Roche-sur-Yon, mais dans 155 communes.


La place Napoléon vous a-t-elle fait perdre la Ville ?
Concernant la place Napoléon, je m’étais exprimé en disant que je préférerais prendre le risque de perdre une élection mais d’être utile à la ville.

Qu’aimeriez-vous que l’on retienne de vous ?
Quatre choses :
La place Napoléon, symboliquement, c’est le plus fort mais aussi l’ANRU, que j’ai débloquée avec l’appui de Jacques Auxiette, la stratégie Pentagone 2006/2020 depuis la gare jusqu’à la Place Napoléon. On a fait une réflexion de fond sur l’urbanisme que nous voulions poursuivre.
Le quatrième point, le passage à l’Agglomération avec le transfert des compétences. En quatre ans on  a fait un bon de géant.
Je pourrais citer aussi le développement économique et universitaire avec la zone des Petites Bazinières, parc éco 85, le schéma local de développement de l’université et de la recherche avec le pôle numérique, rebaptisé depuis « la loconumérique ». L’école d’ingénieurs qui va venir c’est aussi nous.


Un regret ?

Ne pas avoir mené à son terme le pentagone 2006/2020 qui devait englober la rue de Gaulle (qui est en train de mourir) la place de la Résistance, les Halles et la place de la Vieille Horloge.  C’était un gros dossier. Sur le Bourg, on l’aurait fait aussi.

Du jour au lendemain vous n’avez plus eu de responsabilités, un agenda vide. 
Je travaillais cent heures par semaine. Du jour au lendemain, plus rien.  Ça fait un choc. D’autant plus que les critiques continuaient, même dans mon propre camp.

Je fais de la photo avec l’association du Pont Morineau, un peu de sport, de l’aqua bike pendant 45 mn, de la marche nordique. Je vois beaucoup plus mes enfants et mes petits-enfants qu’avant.

Il faut trouver des activités qui donnent du sens. Je me suis inscrit dans une association de cadres retraités qui travaillent pour l’insertion et notamment à l’international. Je pars ce samedi à Madagascar, pour quatre semaines, dans un village où ils veulent mettre en place des mutuelles santés, développer la culture du riz, des haricots et pommes de terre et des jardins dans les écoles pour alimenter les cantines.


Quel est votre regard sur Luc Bouard, votre successeur ?
Je ne connaissais pas ce monsieur. Il a effectivement une capacité relationnelle qui est réelle. Il tutoie tout le monde, il fait la bise à tout le monde, ce qui ne plait pas toujours.
Sur la ville, il n’a aucune vision. Pour Piobetta, par exemple, il a annoncé plusieurs choses sans cahier des charges. Moi, j’ai travaillé trois ans avec Vigil, un investisseur de renom national.

Sur la place Napoléon, c’est vrai que cela a un coût que nous avions estimé à 250 000 €. En même temps, il faut investir et ça, Luc Bouard ne le fait pas.

Pour les Halles, les gens n’ont aucune réponse. Il devait y avoir des annonces en juin, reportées en septembre. Septembre se termine, toujours rien.

Je suis inquiet pour la ville.

Pierre Regnault 2020 c’est possible ?
J’aurai l’âge que Juppé aujourd’hui, donc tout est possible. Mais je pense qu’il vaudrait mieux qu’une nouvelle génération arrive.

 

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La Roche-sur-Yon. La nouvelle vie de Pierre Regnault.