SDF à la Roche-sur-Yon, un scandale d’État !

Publié le par Le blog de ma ville solidaire - La Roche-sur-Yon

Ludo, 34 ans, sans domicile fixe, vit à la Roche-sur-Yon.

« Vous habitez où ? » lance une passante, « dans mon duvet » dit Ludo en montrant son sac à dos.
Comme toutes les histoires de vie, Ludo a la sienne. Arrivé à la Roche-sur-Yon avec son (ex) compagne, la séparation a été dramatique pour lui et la chute libre. Il s'est retrouvé du jour au lendemain à la rue.
Trouver un hébergement est sa préoccupation quotidienne pour « dormir au chaud ». C'est impossible. Il a bien essayé d'appeler le 115, en vain : il n'y a jamais de place.

Être SDF à la Roche-sur-Yon
Ce n'est pas facile pour Ludo, mais il est arrivé à trouver un endroit « tranquille » pour dormir le soir. Ses deux compagnons d'infortune, sont là pour l'aider à ne pas mourir de froid.
Vous ne verrez pas de photos de lui, Ludo ne le souhaite pas. « Je suis à la recherche d'un hébergement, d'un toit, je suis prêt à payer selon mes moyens. Je suis à la recherche d'un travail également. L'autre jour, j'ai vu une annonce qui me correspondait, mais je n’ai pas pu y répondre. J'ai déjà du mal à trouver un hébergement par ces nuits glaciales alors, trouver un ordinateur et imprimer un CV ce n’est pas la peine d’y penser. »
Les gens ont une image pas très juste des SDF d'après Ludo « ceux que l'on voit souvent à l'entrée des magasins, c'est toujours les mêmes, pourtant, il y en a beaucoup qui n'y vont pas, comme moi par exemple. Je préfère aborder les gens, comme ça, dans la rue. Pour 90 % d'entre eux, je suis transparent.
Il est vrai que certains sans domicile fixe ont des problèmes de drogue ou d'alcool, mais ce n'est pas la majorité d'entre nous. »

Après notre entretien, Ludo est parti avec ses deux chiens et son sac à dos marcher dans les rues de la Roche pour se réchauffer en attendant la distribution de la soupe ce soir par le SAMU social.
Il envisage de partir ailleurs dans une ville peut-être sans destination particulière pour voir si l'air n'est pas plus pur ailleurs et surtout les conditions de survie meilleures qu’en Vendée
Le 115...
Tout le monde connaît ce numéro de téléphone. Nous l’avons testé pour Ludo. Résultat : aucun hébergement disponible. Pendant les deux minutes de conversation, nous avons tenté d'obtenir quelques  explications.
Il y a seulement une dizaine de places sur la Roche-sur-Yon une cinquantaine de demandes quotidiennes. « Je ne peux pas attribuer une place que nous n'avons pas » indique l'interlocutrice du 115, très administrative, trop même. On peut comprendre que les sans domicile fixe qui appellent à ce numéro quotidiennement baissent les bras.

En Vendée, Fontenay-le-Comte, les Sables d'Olonne et Challans ont des lits disponibles. Il s'agit d'hébergements temporaires de nuit. Reste aux personnes concernées à déménager le matin et rappeler le 115 pour essayer d'obtenir un hébergement pour le soir.
Des locaux disponibles et vides payés par le contribuable (image ci-dessous).
À la Roche-sur-Yon des bâtiments de l’État et de collectivités sont désespérément vides. Pour certains, on nous a fait comprendre que les locaux continuaient à être chauffés afin qu'ils ne se dégradent pas trop.
Les anciens locaux de l'EDF boulevard des États-Unis (en bas à droite de la photo) sont vides depuis des années. Les anciens locaux des ASSEDIC, rue Gaston Rameau, idem.
Boulevard d'Angleterre, c’est encore plus choquant, l'ancien foyer pour les personnes âgées Tapon est vide, muré.
Boulevard Louis Blanc, en partant de la gare et  en passant devant la Caisse d'Allocations Familiales, au numéro 156, l'ancien bâtiment de l'IUFM de la Roche-sur-Yon, lui aussi désespérément vide avec un drapeau français qui aurait lui aussi besoin d’être au chaud.

A l’appel d’associations vendéennes une nuit de la solidarité est organisée jeudi 12 février 2015 de 18 h à 22 h place de la Préfecture (square François Mitterrand) pour rappeler au Préfet, et donc à l’État, son obligation de ne pas laisser des hommes et des femmes dans la rue, dans le froid, en plein hiver.

SDF à la Roche-sur-Yon, un scandale d’État !